Nous sommes en 2019. Avec la web tv et l’arrivée de gros projets vidéos, le prévisionnel de mon activité globale pour 2020 était très prometteur. De nombreux contrats en cours de finalisation me faisaient espérer embaucher une équipe de techniciens et réorganiser ainsi mon entreprise. Je devais profiter de ce moment pour bien séparer mes deux activités.

Dans la perspective d’embauche des techniciens, je prépare l’inscription au pôle emploi spectacle afin d’obtenir le statut d’employeur, m’amenant ainsi à modifier mon activité principale et ainsi adopter la bonne convention collective. Me voici désormais en “production de films et de programmes pour la télévision”. Woaow, la classe!

Et pour mon autre activité, c’est décidé: en 2020, je monterai une société en SAS pour la partie informatique (développement, site internet & graphisme).

Les papiers pour la constitution de la nouvelle société sont prêts à être déposés tout début 2020, je réunis le capital et me projette pour une création au cours du premier trimestre. Mais voila; sur l’activité vidéo, les signatures tardent à revenir, les organisateurs & associations traînent les pieds. Il faut dire qu’il y a un bruit de fond qui perturbe bien l’arrière plan. On raconte quotidiennement aux infos qu’un virus est en train de prendre d’assaut le pays du soleil levant et ça fait de plus en plus de bruit. L’inquiétude gronde, et quelques dates sont proposées au report.

Le principe de précaution est de mise mais notre président nous rassure tout début mars en exprimant qu’il ne fallait pas s’inquiéter et continuer à sortir; eux allaient au théâtre pour donner l’exemple. Alors si ce n’est pas pour le premier trimestre, je ferai l’inscription de la SAS au second.

Seulement, durant la deuxième semaine de mars, les annulations s’enchaînent à un rythme effréné. Envolé le planning, fondu comme neige au soleil. Plus rien pendant les cinq prochains mois au moins. On parle encore report après l’été mais l’inquiétude monte un peu plus. Je me dis que j’ai bien fait de ne pas avoir encore bloqué le capital à la banque pour la nouvelle société, ça pourrait servir en cas de coup dur.

Patatras, tout s’accélère. Le jeudi 12 mars au soir, notre président annonce la fermeture des écoles, puis dans la foulée il prévient d’une fermeture totale du pays pour quelques semaines… Les magasins sont pris d’assaut. Un peu comme si nous entrions en guerre, presque tout est à l’arrêt total.

Voilà donc.

L’année de la SAS est devenue l’année du SARS, comme quoi, c’était dans l'”R”.